|
EN BREF
|
L’Autorité de la concurrence a récemment mis en avant des orientations concernant le développement durable, en réponse à la demande de deux organisations professionnelles de distributeurs. Ces dernières ont proposé la création d’une plateforme collaborative nommée LESS (pour « Low Emission Sustainable Sourcing ») pour le suivi de l’empreinte carbone des fournisseurs. Le Rapporteur général a jugé cette initiative recevable, précisant qu’elle pourrait constituer un accord visant à centraliser des données << sensibles >> sans porter atteinte à la concurrence. Toutefois, il a souligné la nécessité de garantir l’accès à tous les fournisseurs, de préserver la qualité des informations, et de veiller à l’absence d’échanges de données confidentielles entre concurrents. En somme, l’initiative cherche à faciliter les engagements des fournisseurs envers la décarbonation tout en respectant les règles de la concurrence.
Dans un contexte où l’urgence écologique est de plus en plus perceptible, l’Autorité de la concurrence a récemment présenté des orientations informelles qui visent à promouvoir le développement durable au sein du secteur de la grande distribution. Ce cadre novateur concerne la création d’une plateforme de collecte et de partage de données sur l’empreinte carbone des fournisseurs. Cette initiative répond à une demande formulée par deux organisations professionnelles et devrait contribuer à faciliter la transparence et l’échange d’informations, tout en préservant les principes de concurrence. L’Autorité met ainsi en lumière l’importance de l’empreinte carbone comme critère de choix pour les consommateurs, tout en dimensionnant la notion de concurrence à l’ère du développement durable.
Origine et contenu de la demande
Les porteurs du projet
Le projet en question, dénommé LESS pour « Low Emission Sustainable Sourcing », émane de la dynamique réunissant deux organisations professionnelles : la Fédération du commerce et de la distribution et Perifem. La première représente les grandes enseignes du commerce tant alimentaire que non-alimentaire, tandis que la seconde est l’association technique s’attachant à l’optimisation des processus dans ce secteur. Leur proposition vise à centraliser des données relatives aux émissions de carbone générées par les fournisseurs, en insistant sur l’importance de la collaboration pour améliorer les performances environnementales.
Le projet LESS
Le projet LESS se profile comme un échange d’informations structuré, où chaque fournisseur volontaire pourrait inscrire des données concernant leurs émissions de CO2. Cela comprendrait des données pour divers types d’émissions, organisées par enseignes et régies par des règles d’allocation spécifiques. Un acteur clé, OpenClimat, sera chargé de la gestion et de la validation de ces données, apportant une expertise essentielle dans la collecte d’informations précises et fiables. La plateforme offrira aux distributeurs une interface personnalisée leur permettant d’accéder aux données de leurs fournisseurs, tout en garantissant que ces informations soient partagées de manière sécurisée et éthique.
Analyse de la proposition par le Rapporteur général
Accord et concurrence
Le Rapporteur général a affirmé que la mise en commun des données sur l’empreinte carbone constitue un accord qui pourrait ne pas porter atteinte à la concurrence. En effet, cette démarche est présentée comme une source d’efficience, réduisant les sollicitations pour chaque fournisseur et incitant à une meilleure transparence. Plus largement, cela pourrait également renforcer les engagements en matière de décarbonation, tant chez les fournisseurs que chez les distributeurs, sans toutefois compromettre les dynamiques concurrentielles du marché.
Permanence de la vigilance
Cependant, il convient de rester vigilant sur plusieurs points soulevés par le Rapporteur général. Il a souligné la nécessité d’un accès équitable à la plateforme pour tous les fournisseurs, en veillant à ne pas créer d’obstacles injustifiés, notamment pour les plus petits d’entre eux. Par ailleurs, l’intégrité des données doit être préservée. Cela implique de s’assurer que les méthodes de calcul retenues par les fournisseurs soient robustes et vérifiables, afin de maintenir une comparabilité des informations au sein de l’initiative LESS.
Considérations tant technologiques qu’éthiques
Technologie au service de la transparence
En optant pour une plateforme numérique, la proposition de l’Autorité de la concurrence s’appuie sur les avancées technologiques pour promouvoir la transparence et la traçabilité. OpenClimat, en tant qu’opérateur de cette plateforme, joue un rôle primordial dans l’assurance de la fiabilité des données, créant ainsi un environnement sécurisé où les échanges peuvent avoir lieu sans crainte de faux partages ou d’informations tronquées. L’utilisation de la technologie affirme la volonté d’instaurer un cadre clair et précis pour le suivi des progrès réalisés par les fournisseurs en matière de réduction de leur empreinte carbone.
Éthique et concurrence
La question éthique se pose de manière cruciale dans le cadre de ce projet. Les échanges d’informations sur les stratégies de décarbonation ou sur l’impact carbone pourraient donner lieu à des discussions sensibles entre concurrents. Ainsi, l’Autorité exhorte les acteurs à s’abstenir de toute forme de coordination ou d’échange d’informations sensibles, qui pourrait être interprété comme anticoncurrentiel. Cela s’inscrit dans une démarche de protection des intérêts de chacun tout en cherchant à promouvoir des pratiques écoresponsables.
Publications et communication des engagements
Visibilité des efforts de décarbonation
Un aspect significatif du projet LESS est la possibilité, pour les fournisseurs, de communiquer publiquement leurs engagements et efforts en matière de décarbonation. Bien que cela puisse encourager une émulation positive entre acteurs, il est impératif de s’assurer que cette communication respecte les normes de la concurrence. Les discussions autour de la manière de présenter ces engagements doivent être gérées avec prudence, car elles pourraient être perçues comme des échanges d’informations qui pourraient nuire à la concurrence. Cela implique de mettre au point des modalités claires pour la publicité des engagements des fournisseurs, afin que celle-ci soit à la fois transparente et respectueuse des lois en vigueur.
Des engagements mesurables et adaptés
La plateforme ne se limite pas uniquement à un partage d’informations; elle offre la possibilité d’adapter les engagements à la réalité des fournisseurs. Ces derniers pourront partager non seulement leurs résultats en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre mais aussi définir des trajectoires et objectifs spécifiques. Cela favorise une démarche personnalisée et permet aux acteurs de se concentrer sur les améliorations à apporter sans entrer dans une logique de compétition basée sur des classements défavorables.
Impliquer les acteurs dans le processus
Collaboration entre les parties prenantes
Le succès de cette initiative repose sur l’implication active des différentes parties prenantes. Que ce soit les distributeurs, les fournisseurs ou encore les associations professionnelles, chacun doit jouer un rôle actif dans la mise en œuvre et le fonctionnement de la plateforme. Cela implique des échanges constructifs entre tous les acteurs, établissant un consensus sur les meilleures pratiques à adopter et sur les méthodologies à utiliser. La collaboration est essentielle pour actualiser les données tout en garantissant leur conformité et leur pertinence.
Formations et sensibilisation
En vue de renforcer l’efficacité du projet, il est également nécessaire d’intégrer des formations dédiées aux acteurs concernés. Cela pourrait inclure des sessions de sensibilisation sur les enjeux liés à l’empreinte carbone, ainsi que sur l’utilisation optimale de la plateforme. En équipant les utilisateurs avec les connaissances et outils nécessaires, on favorise une meilleure adhésion au projet et on facilite l’atteinte des objectifs assignés.
Anticiper les enjeux réglementaires
Cadre juridique et conformité
Dans le cadre de son développement, le projet LESS devra se conformer à un cadre juridique rigoureux. Les implications en termes de droit de la concurrence doivent être systématiquement prises en compte. Les acteurs impliqués devront naviguer avec prudence dans leurs interactions pour éviter des malentendus qui pourraient entrainer des sanctions. La transparence dans les collaborations doit être une condition sine qua non pour se prémunir contre d’éventuelles dérives.
Potentialités de contrôle et évaluation
Il sera également essentiel d’intégrer une démarche de contrôle et d’évaluation des résultats. Cela comprend le développement d’indicateurs de performance pour mesurer l’efficacité de la plateforme et le niveau d’engagement des fournisseurs. L’évaluation régulière permettra d’ajuster les mécanismes en place, tout en garantissant l’atteinte des objectifs en matière de réduction des émissions de CO2.
Les perspectives d’avenir du projet LESS
Une dynamique à long terme
Le projet LESS s’inscrit dans une dynamique à long terme. Il ne s’agit pas simplement d’une solution ponctuelle, mais d’un pas vers une transformation durable du secteur de la grande distribution. En établissant une culture de responsabilité environnementale, les acteurs du secteur pourront mieux répondre aux attentes croissantes des consommateurs et de la société civile en matière de développement durable.
Vers un modèle reproductible
Par ailleurs, si ce projet s’avère concluant, il pourrait servir de modèle pour d’autres secteurs. La mise en place d’une plateforme collaborative de suivi de l’empreinte carbone pourrait, en effet, inspirer des initiatives dans divers domaines, engendrant une synergie dans les efforts de décarbonation. Cela pourrait mener à une standardisation des pratiques, rendant ainsi la réduction de l’empreinte carbone à la fois plus efficace et plus accessible.
Le projet proposé par l’Autorité de la concurrence constitue une étape significative vers un avenir où la grande distribution maîtrise les enjeux liés à l’empreinte carbone de manière collaborative. En favorisant l’échange de données et en incitant à la transparence, cette initiative pourrait transformer la manière dont les acteurs du secteur interagissent avec l’environnement. Le potentiel d’innovation et d’amélioration est immense, et il appartient aux acteurs de relever ce défi avec responsabilité.

Témoignages sur l’innovation collaborative en matière d’empreinte carbone
Jean-Marc, directeur des opérations dans une grande enseigne de distribution : « La création de cette plateforme de suivi de l’empreinte carbone est une avancée majeure pour notre secteur. Elle nous permet d’accéder à des données cruciales et de mieux comprendre notre impact environnemental. Grâce à cet outil, nous serons en mesure d’améliorer notre stratégie de décarbonation tout en restant compétitifs sur le marché. »
Sophie, représentante d’une association de fournisseurs : « Nous sommes ravis de cette initiative. La possibilité de partager nos données concernant l’émission de CO2 nous donne l’opportunité de valoriser nos efforts en matière de durabilité. C’est un véritable levier pour encourager une meilleure transparence et une saine compétition entre les fournisseurs. »
Lucie, responsable RSE dans une PME : « En tant que petite entreprise, nous avons souvent du mal à faire entendre notre voix. Avec la plateforme LESS, nous pouvons nous engager dans le processus tout en préservant nos spécificités. La qualité des informations transmises et l’absence d’échanges d’informations sensibles nous rassurent et nous incitent à participer activement. »
Marc, consultant en développement durable : « Le cadre proposé par l’Autorité de la concurrence est exemplaire. Cela permet de créer un environnement où les entreprises peuvent collaborer tout en respectant les règles de concurrence. Ce modèle assure non seulement la protection des données, mais favorise également l’innovation dans le secteur. »
Élodie, chargée de communication d’un groupe de distribution : « Cette plateforme va changer la donne. En rassemblant les informations sur l’empreinte carbone dans un espace collaboratif, nous pouvons non seulement suivre nos progrès, mais aussi communiquer de manière plus efficace sur nos initiatives écologiques. »
